Une cave à vin électrique a six inconvénients récurrents : elle consomme, elle fait du bruit, son compresseur vibre, son air peut devenir trop sec, elle tombe parfois en panne et elle occupe de la place. Aucun n'est rédhibitoire si l'on sait où regarder avant de l'installer.
Une armoire réfrigérée rend de grands services dans un logement sans sous-sol. Elle reste pourtant une machine, avec les limites de toute machine. Cette page les passe en revue dans l'ordre où elles se manifestent au quotidien, puis indique pour chacune ce qui permet de la contenir. Le fonctionnement général des appareils est détaillé dans la rubrique consacrée aux caves électriques.
Consommation électrique : un appareil qui tourne jour et nuit
Une cave tourne en permanence, été comme hiver. Sa consommation annuelle figure sur l'étiquette énergie européenne, exprimée en kilowattheures par an : c'est le seul chiffre comparable d'un appareil à l'autre. Trois facteurs la font grimper.
- La pièce : une cave installée dans une cuisine chaude ou contre un mur exposé au soleil travaille davantage que dans une pièce fraîche.
- La porte vitrée : le verre isole moins bien qu'une porte pleine, même en double ou triple vitrage.
- Les ouvertures répétées : chaque ouverture fait entrer de l'air tiède, que le groupe froid doit ensuite évacuer.
La parade tient surtout à l'emplacement. Les notices demandent en général un dégagement autour de l'appareil pour que le condenseur évacue sa chaleur ; le respecter évite une surconsommation silencieuse.
Bruit et vibrations du compresseur
Le compresseur produit un ronronnement et, à chaque démarrage, une légère secousse. Le niveau sonore est indiqué sur l'étiquette énergie, en décibels, avec une classe de bruit. Dans une chambre ou un studio, ce chiffre compte autant que la capacité.
Les vibrations posent un autre problème : selon les œnologues, des secousses répétées remettent en suspension les dépôts et accélèrent l'évolution des vins de garde. Les appareils à compresseur sont souvent montés sur silentblocs, et certains modèles à absorption ou thermoélectriques n'ont presque pas de pièce en mouvement, au prix d'une puissance de froid plus faible. Pour aller plus loin sur ce sujet, la page sur la lumière et les vibrations détaille les effets constatés sur la garde.
Gestes utiles :
- régler les pieds pour que l'appareil soit parfaitement d'aplomb ;
- laisser un espace entre la cave et les meubles voisins pour éviter qu'elle ne fasse résonner une paroi ;
- ne pas la poser sur un plancher qui vibre déjà, près d'un lave-linge par exemple.
Un air parfois trop sec
Le froid produit par un évaporateur assèche l'air. Or un bouchon de liège qui sèche perd son étanchéité. Beaucoup d'armoires prévoient un bac d'eau ou une pierre de lave pour maintenir l'hygrométrie, et quelques-unes affichent le taux mesuré. Un hygromètre indépendant posé sur une clayette permet de vérifier la valeur réelle ; la méthode de correction est décrite dans la page sur l'humidité d'une cave à vin.
Pannes, coupures et dépendance au réseau
Une cave naturelle ne tombe jamais en panne ; une armoire, si. Les défaillances les plus citées par les réparateurs concernent le thermostat, la sonde, le ventilateur et le joint de porte. Une coupure de courant prolongée en été laisse aussi la température monter. Deux précautions limitent les dégâts : un thermomètre à mémoire de minimum et de maximum, qui révèle un écart survenu en votre absence, et une alarme de température quand l'appareil en possède une. La conduite à tenir est décrite dans la page sur les pannes et coupures.
Encombrement et capacité réelle
La capacité annoncée est calculée avec un format de bouteille de référence, le plus souvent la bordelaise. Des bourguignonnes plus ventrues, des flûtes d'Alsace ou des bouteilles de champagne réduisent nettement le nombre de cols logés. L'appareil prend en outre une profondeur supérieure à celle d'un meuble courant, poignée comprise. Avant de choisir, mieux vaut mesurer la niche, compter ses formats et lire la notice sur la capacité réelle.
Deux questions sur ces limites
- Une cave thermoélectrique évite-t-elle tous ces défauts ?
- Elle vibre très peu et reste silencieuse, mais sa puissance de froid dépend fortement de la température de la pièce. Dans une pièce chaude l'été, elle peut ne pas atteindre la consigne. Elle convient donc mieux à un petit volume dans une pièce tempérée.
- Faut-il renoncer à une porte vitrée ?
- Pas forcément. Un vitrage traité anti-UV protège les bouteilles de la lumière, et la différence de consommation se lit sur l'étiquette énergie. Pour une garde longue dans une pièce lumineuse, la porte pleine reste la solution la plus sûre.
Sources : étiquette énergie européenne des appareils de réfrigération (consommation annuelle et classe de bruit) ; notices d'installation de fabricants de caves électriques ; documentation de l'Institut français de la vigne et du vin sur les conditions de garde.
